Coyotus's profileBetween Dusk And Dawn, l...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
Evangélinéa - Chapitre IIIPour attaquer le week-end en forme, voici le troisième épisode des aventures de Barbie Evie dans le féroce monde du travail !
Attention, les auteurs rappellent que l'abus de guimauve peut être très dangereux pour la santé... Vous ne pourrez pas dire que vous n'étiez pas prévenus !!
Blue - System Of A DownI, wishing and wishing away as you go
I, wishing and wishing away as you go I don't see nothing but pain and misery Cause you are the one for me Why can't it all be true Can I escape with my blue fallen reverie Why can't it all be true Why can't it all be true I, wishing and wishing away as you go I, wishing and wishing away as you go Suddenly I believe Your were the one for me Graciously you go through My closed heart's artery Can I escape with my blue fallen reverie Why can't it all be true Why can't it all be true I've been wishing away as you I've been wishing away as you I've been wishing away as you go I don't see nothing but pain and misery Cause you are the one for me Why can't it all be true Can I escape with my blue fallen reverie Why can't it all be true Why can't it all be true Wishing and wishing away as you go Wishing and wishing away as you go Wishing and wishing away as you go Wishing and wishing away as you go Wishing and wishing away as you go Wishing and wishing away as you go As you go As you go As you go En cette veille de Saint Valentin,quoi de plus normal que de pondre un billet sur mes rapport avec les hommes justement ? Ou plutôt sur mon absence de rapport depuis quelque temps et pourquoi je préfère penser à Puck avec qui il ne se passera rien puisque : * il s'est déjà passé quelque chose il y a longtemps, * il voit quelqu'un, * il est très bien comme souvenir, mais on a tous les deux bien changé en sept ans, * et la raison majeure étant que ma tête n'est toujours pas libre (quelle idiote) et que je pense à Puck uniquement pour éviter de penser à ce foutu rôgntudjuu de x que je n'arrive pas à oublier... Mais j'y travaille. Pour l'instant, Pc est le seul à qui j'arrive à faire confiance, c'est le seul dans ma vie et c'est très bien comme ça. Je ne sais pas combien de temps ça prendra pour que j'arrive à faire confiance de nouveau, pour que j'arrive à croire ce que l'on me dira ; la dernière fois que j'y ai cru, je me suis livrée plus que je ne l'avais jamais fait et j'ai l'impression d'avoir été prise pour la reine des connes (ce qui ne m'empêche pas de penser encore au #(*~{&\~]"§ responsable du couronnement... F**k f** f** !!!!!!!!!!!!). Pfff, changeons de sujet, ça devient glissant tout ça. Moins tendancieux et carrément plus intéressant :)), quoi de neuf cette semaine ? Oui je sais, je l'ai déjà faite pas plus tard que la semaine dernière, mais j'ai un peu du mal avec cet espace en ce moment, je manque de motivation pour raconter quoi que ce soit... L'arrêt de la clope se passe carrément bien, j'en ai fumé trois dans la semaine ; samedi j'ai passé l'après-midi et la soirée avec ma copine Bob (ben quoi elle a des dreadlocks, dont j'ai d'ailleurs coupé les pointes _ avec succès m'a t-elle dit, j'ai trouvé de quoi me reconvertir !), du coup j'en ai profité pour faire mes "courses", mais pour l'instant je gère ce paramètre-là pas trop mal... Un seul le soir, et encore c'est comme les antibiotiques, hier soir je n’ai rien fumé… Sinon, j'ai reçu mes nouvelles chaussures hier soir, encore une paire de Dr Martens terriblement confortables(voilà de quoi les voir, la photo refusant de se copier correctement... http://yanix.co.uk/shoe-stop/dr-martens/shoes/2b37.htm). Et voilà la photo du nouveau phantasme (j’en ai essayé une samedi chez le copain de Bob, c’est carrément fantastique !!!!) que je m’offrirais d’ici quelques mois… Enfin si mon banquier ne m’a pas pendue avant !!
![]() Ca y est,j'ai mon billet !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Puck voit quelqu'un, ce quine me pose pas de problème particulier, même s'il est vrai que mes pensées s'étaient un tout petit peu autorisées à vagabonder à son sujet dernièrement (argh on est samedi soir et je n'ai toujours pas réservé alors que je devais le faire hier dernier délai... f**k f**k f**k). Il voit donc quelqu'un disais-je, en même temps j'aurais carrément perdu ma jupe s'il m'avait dit que durant ces sept dernières années il m'avait attendu sans toucher à qui que ce soit !!
Comment je le sais ? Tout simplement parce que je viens juste de rentrer et Pc a reçu un mail envoyé cet après-midi me disant combien il était heureux de me voir bientôt et me parlant de la demoiselle ; j'ai trouvé adorable et trop mignon qu'il ait peur que cette nouvelle me perturbe et puisse me faire changer d'avis quant à ma venue (je cite son post-scriptum : "if the mention of ¤¤¤ is a problem i'm really really wishing you'll smile and still book up and give me a hard time in person please, x")...
Et même si une petite partie de moi regrette que notre relation soit de fait purement amicale durant mes vacances (c'est la même qui se dit que je n'ai pas eu droit à un câlin depuis près de quatre-vingt-dix-huit jours), je suis ravie qu'il y ait quelqu'un dans sa vie, et vraiment touchée qu'il soit aussi attentif à ne pas heurter mes sentiments alors que nous ne nous sommes pas vus depuis sept ans... Illustration parfaite de tout ce qui fait que Puck reste un souvenir excellent !
Change the world - P.O.D.Imagine a place only your soul can vision
The heart of a child who looks, sees and listens She paints a picture using every color And what she sees, she sees is like no other One word, a voice unheard You can change the world With everything I know you're made of One word, a voice unheard You can change the world If everyone would stop and listen The art of innocence make so much sense But placed inthe wrong hands, well then it's wasted Filtered through the eyes of a pure mind A one-of-a-kind paradise for you and I Break the cycle, find your rhythm Share the gift that you've been given You can You can change the world You can change the world Robert Downey JrA la demande de ma chère Pomponne, voici de quoi passer un week-end très très très agréable...
Très régulièrement (okj’avoue, en fait je devrais dire quotidiennement, et même plusieurs fois par jour), il m’arrive de tomber, de me cogner voire plus… A tel point que j’ai toujours deux ou trois ecchymoses à différents stades de l’arc-en-ciel sur le corps que je remarque de temps en temps alors qu’elles sont manifestement là depuis quelques jours. Et puis il y a des moments où je ne peux m’empêcher de remarquer de suite le résultat de ma maladresse chronique, comme la fois où j’ai failli m’énucléer avec ma portière par exemple, ou comme la dernière idiotie en date : hier soir en rentrant à la maison, j’avais faim. Normal, classique même... Une folle envie de crêpes depuis le début de la semaine, dûe à la période (et au fait que ce cher Kite n'a pas arrêté d'en parler ces derniers jours) me taraudait. La seule chose, c’est que je suis très impatiente de nature, alors quand j'ai faim, c'est maintenant tout de suite, pas dans une heure. Du coup, ayant trop la flemme pour faire autre chose que penser aux crêpes je me suis rabattue sur une salade (une vraie, pas de la salade qui fait rire) et, pressée par l'appel impérieux de mon estomac qui criait famine, j'ai coupé les endives, le fromage et le jambon puis j'ai attaqué les rondelles de carottes... Et là ce fut le drame, mon majeur gauche se prit tout d'un coup _ le con _ pour une carotte (je précise que je n'utilisais pas un couteau, mais le truc plat avec une grooooosse lame au milieu)... Donc maintenant j'ai un majeur dressé comme le petit doigt des envahisseurs de David Vincent et qui a l'air d'avoir carrément abusé du Viagra , c'est super chiant pour écrire et taper, j'ai même dû remettre les deux souris à droite, je suis obligée de prendre ma douche avec une main enturbannée dans un sac plastique, quant aux cheveux je vais tenter de les laver avec un gant mapa... Pfff... Et j'ai mal... Le seul point positif, c'est que ça me permet de me plaindre encore une fois.
Mike PattonLe but de la catégorie "Miam miam" étant à la base de me faire plaisir, ben voilà, je vous inflige Mike Patton avant d'aller me coucher... D'aucuns diront qu'il a l'air glauque ou qu'il ne fait pas net, mais j'm'en fouuuus !!
Pour ceux qui ne connaîtraient pas la bête, il a officié comme chanteur avec Faith No More et avait monté un groupe en parallèle, Mister Bungle, puis il y a eu Fantomas et Tomahawk, sans compter pas mal d'expériences sonores diverses... Mes préférés à ce jour restent Tomahawk (à noter l'excellentissime God Hates A Coward) et Mister Bungle. Pour une liste complète, je vous renvoie à Wikipedia qui a l'air d'avoir listé la totalité des oeuvres du môssieur... Sur ce, un coyote plein de Chianti vous salue bien bas !
Comme ça fait vraimentlongtemps que je n'ai pas fait de billets sans queue ni tête (ok, j'ai surtout une flemme aigüe en cette fin d'après-midi), me voilà... Ce sera l'occasion de coller à mon personnage parce que ça fait super longtemps que je n'ai pas geint contre ce monde injuste... Et le premier qui ose dire quoi que ce soit je le plombe ! Quoi de neuf dans ma vie palpitante ? Hum, comme d'habitude pas grand chose en fait !
Ah si, j'ai presque arrêté de fumer (sans le vouloir je précise) : en huit jours j'ai fumé en tout et pour tout trois clopes et six pétards ce qui est une bonne chose (mais stock de salade finie _ snif _ alors ceinture jusqu'à nouvel ordre, à moins que je n'aille faire les courses samedi prochain), sauf que sans mon splif du soir je pète un peu trop la forme (pas tout à fait six heures de sommeil pour la nuit en moyenne et je me réveille avant le réveil, si si...) à tel point que je songe de nouveau à faire du sport (oups pardon Maître, je ne voulais pas choquer tes petits noeils avec ce gros mot, je voulais dire du s***t) histoire de...
M'enfin je suppose que je ne vais encore faire qu'y penser et ça suffira à me fatiguer !
Sinon, je n'ai toujours pas pris mon billet pour les vacances... Je me tâte, parce que mon banquier risque fort (même si c'est super pas cher) de m'en vouloir énooooormément, mais en même temps j'en crève d'envie !!!!!!!!!!! Bref, je me suis donnée jusqu'à la fin de la semaine pour me décider... Faudrait que je fasse une liste de pour et contre...
Mon cv est enfin tout beau et tout bien refait, même la photo est récente, il ne me reste plus qu'à l'envoyer, par contre pour le html et le php, je n'ai toujours pas trouvé le temps (ou la motiv') de commencer mes leçons... Faudrait aussi que je commence les cours de dactylo, je vais tenter l'arrachage du poil qui me pousse dans la main mais c'est pas gagné !!
Et la minute calim' du billet : j'ai un peu l'impression que l'odeur de rillettes s'est déplacée du taf vers mes relations personnelles puisque je suis de nouveau la meilleure amie de Kite et Fifi alors qu'au niveau personnel, à part The Crevette Family (et la famille Coyotus bien sûr), on dirait que le reste du monde ne m'aime plus (là j'extrapole complètement, faudrait que je me souvienne que contrairement à moi le reste du monde a une vie sociale, lui !), et moi j'aime bien sentir qu'on m'aimeuuuuh !!!!!!
Bon c'est pas tout ça mais si je m'y remettais ? Deux heures sup' (en musique waooooooo !!) histoire de rendre mon absence de lundi dernier (pour cause de vilain virus), et puis je file faire ma BA du moment, youpi... Ca se sent que je suis ravie ?
Kyle MacLachlanTout ça parce qu'hier soir, après Gilmore Girls (ne dites rien, je sais, c'est consternant à mon âge) j'ai zappé sur Bridget Jones, ce que je n'aurais pas dû faire bien évidemment parce que ça m'a contrariée... Comment voulez-vous trouver le sommeil après ?
Du coup re zapette et j'ai atterri sur le Protocole Windsor (et surtout sur Kyle MacLachlan qui porte vaaaaaaaaaachement bien les cheveux poivre & sel)...
Evangélinéa - Chapitre IIAttention, si vous êtes allergique à la guimauve surtout ne lisez pas ce qui suit, vous pourriez succomber. Moi-même j'avoue que rien qu'avec l'écriture j'ai pas mal souffert. Cependant, si vous arrivez indemne à la fin de ce texte toutes mes félicitations ! (Chapitre I ici : http://ahc9.spaces.live.com/blog/cns!C8F6A16AD0852C8D!1003.entry)
Pour son premier jour chez Smith, Smith, Smith et Smith, Evie se réveilla avec quatre heures d’avance. Elle serait en binôme avec Charlotte, l’hôtesse d’accueil en titre durant les quinze premiers jours puis celle-ci ne viendrait plus qu’à mi-temps les deux dernières semaines avant de partir en congé maternité. Une sensation bizarre qu’elle n’avait jamais expérimentée avant lui nouait l’estomac. Forcément, les poupées Barbie ne sont pas sensées travailler (même si hôtesse d’accueil ce n’est pas vraiment du travail, plutôt de la décoration). Lassée de se tourner et retourner en vain, elle décida de se lever et inspecta une fois de plus la tenue qu’elle avait choisi la veille : un pull col roulé rose pâle et une jupe beige rosé juste au-dessus du genou, des bottes beige, son petit manteau rose bonbon et un béret assorti à son pull. Ces vêtements en disaient long sur son état d’esprit parce que le rose la rassurait vu que c’était la seule couleur qu’elle portait étant petite, une sorte d’armure de bimbo contre les difficultés du monde extérieur. Elle vérifia le contenu de son sac à main encore une fois : trousse à maquillage afin d'effectuer les inévitables retouches (seules garanties d'un maquillage parfait tout au long de la journée, quoi qu'en disent les publicités), brosse pour démêler ses boucles blondes (je ne vous avais pas dit qu’Evie était blonde ? En même temps, ça coule de source), lunettes de soleil, portefeuille, agenda, portable (on n’est plus au moyen-âge, et je vous rappelle _ au cas où vous vous demanderiez comment elle peut avoir tout ça _ qu’avant de se découvrir une folle passion pour les fléchettes Daddy avait un poste de cadre plus que bien payé). Après avoir réfléchi quelques instants, elle y ajouta un petit calepin et un stylo, des fois qu’elle ait à prendre des notes. Après un long passage dans la salle de bains suivi d’un petit déjeuner succinct (la vague impression de descendre d’un manège était toujours présente) sous le regard silencieux et inquiet d’une Jackie/Samantha/Caroline terrorisée à l’idée qu’elle puisse arriver en retard, elle s’en alla enfin. Evidemment elle arriva, mais je vous passe les détails du trajet durant lequel il ne se passa strictement rien d’intéressant à raconter.
[8h30, Smith, Smith, Smith et Smith, plus importante filiale française du plus grand cabinet de coordination de travaux de Bristol, GB] Toujours perturbée par les va-et-vient de son estomac, Evangélinéa se débattit avec la porte d’entrée un court instant avant de comprendre qu’il fallait tirer et non pousser (selon les normes de sécurité des ERP, ah ces blondes, je vous jure), puis se dirigea vers Charlotte qui était déjà installée derrière l’accueil ovale, un casque équipé d’un micro vissé dans ses cheveux bruns. Celle-ci la salua d’un sourire tout en répondant « Cabinet Smith, Smith, Smith et Smith bonjour, que puis-je faire pour vous ? ». Admirative, Evie se tint à l’écart. Elle s’inquiétait de savoir si elle saurait prononcer cette phrase. Charlotte éclata de rire devant sa mine défaite et lui dit : - Ben ma pauvre, si tu voyais ta tête ! On ne commence qu’à neuf heures, c’est une blague voyons, le téléphone n’a même pas sonné ! (si vous vous inquiétez du niveau, je vous rassure moi aussi, mais après tout Charlotte est une standardiste, et quant à Evie vous saviez déjà à quoi vous en tenir) Allez viens, je vais te faire visiter. - Il faut vraiment dire Smith quatre fois de suite ? Sans répondre, Charlotte l’entraîna à sa suite à travers les couloirs, ouvrant les portes au fur et à mesure tout en débitant des noms et des titres : - Alors là c’est le bureau des comptables, ici la salle de détente, là c’est une salle de réunion, bonjour Monsieur Vernier, je vous présente Evangélinéa qui va me remplacer pendant mon congé maternité. Evangélinéa, je te présente Monsieur Vernier notre chef comptable. - Enchantée Mademoiselle, charmant prénom pour une charmante demoiselle… - Bonjour Monsieur, merci (un merci du bout des lèvres, même si cette chère Evie avait été éduquée parfaitement, parce que les compliments venant d’un petit homme grassouillet à l’air libidineux et ayant les cheveux gras, non vraiment, sans façon !) - Et de quelle origine provient ce si joli prénom ? - Euh, et bien j’aimerais pouvoir continuer cette conversation, mais c’est mon premier jour et Charlotte me fait visiter alors à plus tard Monsieur Vernier. Charlotte ayant continué sa route, elle s’élança pour la rejoindre, manquant de peu la collision avec une plante verte (une vraie, pas Charlotte). - Ah te voilà, déjà à faire du charme à ce que je vois... T’as de la chance c’est son dernier jour ici, il retourne à Bristol dès demain, mais fais quand même attention à lui, ajouta t-elle en baissant la voix, puis elle se tut brusquement à la vue d’un groupe de personnes à l’air hautain et branché marchant dans leur direction. - Bonjour messieurs dames claironna t-elle alors que le groupe arrivait à leur niveau. Un troupeau de regards vides la suivit, tandis que certains murmuraient du bout des lèvres un bonjour presque imperceptible en les croisant. - Alors ceux-là, ce sont les gens de l’équipe marketing, ne t’inquiètes pas ils font ça avec tout le monde à part avec Monsieur De Saulieu, le patron. Au fait, est-ce que je peux t’appeler Evie ? Parce qu’Evangélinéa, c’est long à dire quand même ! Sans attendre la réponse d’Evie (je fais pareil, mais c’est vrai que c’est fatigant à taper à la longue), Charlotte continua à pérorer : - Bon, je crois qu’on a vu le plus important, maintenant je vais te montrer comment fonctionne le standard avant que ce ne soit l’heure de commencer, mais avant ça, est-ce que tu veux bien être un chou et aller me préparer un déca s’il-te-plaît ? Ca te donnera l’occasion de voir comment fonctionne la machine, et fais-toi aussi ce que tu veux. - Euh oui bien sûr, j'y vais de suite.
N’osant pas avouer qu’elle ne s'était jamais approchée d'une machine à café de sa vie, Evie se dirigea donc vers la salle de détente où se trouvait la machine à expresso, déca, thé et chocolat mise gratuitement à la disposition du personnel (si on lui avait acheté des dosettes de soupe de légumes elle en aurait aussi fait, c’est plutôt obéissant les machines). Bon, ça ne devait pas être sorcier de faire un café avec cet engin-là, elle avait bien réussi à comprendre comment faire marcher le magnétoscope et même à enregistrer « les feux de l’amour » une fois avant que sa mère ne le casse irrémédiablement. Ayant mis la main sur une dosette de décaféiné, elle l’inséra dans l’alvéole prévue à cet effet, posa un gobelet sur le socle puis contempla les trois boutons : une petite tasse noire, une grande tasse noire, et une grande tasse blanche. Cette dernière l’inspirant un peu plus que les autres, elle appuya. Voyant que le liquide se mettait à couler, elle soupira intérieurement. Elle avait eu tellement peur de faire une bêtise ! Pendant que le gobelet se remplissait, elle avait peut-être le temps de faire un tour aux toilettes ? Les émotions lui faisaient toujours cet effet-là… Ok je vous passe les détails là-aussi, on se fout un peu de connaître la couleur du papier ou le parfum du désodorisant. Quand Evie revint trois minutes après, ce fut pour trouver la machine à café dégoulinante de décaféiné bouillant. Affolée, elle finit par trouver un quatrième bouton qui arrêta enfin la machine, puis alla piller le stock de papier toilette afin d’éponger les dégâts (ce n’était pas une parfaite ménagère pour rien). Elle refit le décaféiné pour Charlotte en couvant le gobelet des yeux, le doigt en position sur LE bouton tout le temps que dura l’opération, puis retourna à l’accueil rejoindre celle-ci. - Voilà ton café Charlotte dit-elle fièrement en déposant la tasse fumante. - Et toi, tu ne t’es rien préparé ? Tu sais c’est tout à fait autorisé par le patron. - Pour le moment ça va, je te remercie. - Ok, comme tu veux. Moi je suis accro au café, mais comme je suis enceinte, je suis obligée de me rabattre sur le déca et les tisanes pour l’instant. Allez, au boulot ! Alors voilà le standard, c’est facile tu vas voir. Tu gardes ton casque sur les oreilles comme ça quand le téléphone sonne tu n’as qu’à appuyer sur ce bouton en disant « Cabinet Smith, Smith, Smith et Smith bonjour, que puis-je faire pour vous ? ». Ici tu as la liste des employés avec leur numéro de poste abrégé pour leur passer les appels, là c’est le cahier où l’on doit noter les messages. Quand quelqu’un passe la porte, tu dois le renseigner et voir s’il est attendu ou pas, et s’il a rendez-vous il faut bien entendu que tu l’annonces puis tu le fais patienter, et surtout tu ne laisses personne franchir l’accueil sans rendez-vous. Et là tu as le fax qui fait aussi office de photocopieuse. Ca va, tu as des questions ? Non ? Bon, je file deux minutes, tu vas t’en sortir seule ? Etre enceinte, c’est pas la panacée... - Ouuui… Livrée à elle-même, Evie contempla le standard, un peu apeurée par tous ces boutons quand soudain celui-ci se mit à sonner et à clignoter. Elle attrapa le casque de Charlotte et l’enfonça dans ses boucles, respira un grand coup puis appuya sur le bouton tout en prononçant « Cabinet Smith, Smith, Smith et Smith bonjour, que puis-je faire pour vous ? » sans bégayer. Cinq minutes plus tard, triomphante, elle racontait son exploit à Charlotte qui était revenue entretemps des toilettes : - Tu te rends compte, j’ai réussi à décrocher, à dire les quatre Smith et à passer un appel à Madame Provost ! - Bravo, tu apprends vite, c’est bien ! Tiens, voilà des fax à envoyer, tu as les numéros des différents destinataires ici, moi je dois aller porter ce paquet de courrier dans le bureau de la direction avant que Monsieur De Saulieu arrive.
Grisée par le domptage du standard, Evie se leva pour aller passer les fax, persuadée que la photocopieuse serait aussi facile à apprivoiser. Elle posa les documents à faxer à l’endroit où il fallait, pianota le premier numéro et appuya sur la touche d’envoi. Trop facile ! A ce moment-là, le téléphone sonna de nouveau, elle alla répondre. C’était un appel pour Monsieur De Saulieu, elle prit donc le message puisqu’il n’était pas encore arrivé puis elle retourna vers le fax. - Oh non, j’ai encore fait une bourde ! En effet, le fax régurgitait des tas de feuilles les unes après les autres. Consternée, elle appuya au hasard sur les différents boutons sans résultat probant. A ce moment-là, un jeune homme franchit la porte. Vêtu d’un jean et d’un pull, un sac à dos sur l’épaule et son air juvénile accentué par ses cheveux bruns ébouriffés, ce devait un stagiaire ou quelque-chose dans ce goût-là se dit Evie. - Bonjour monsieur, l’interpella t-elle, je peux vous renseigner ? Vous avez rendez-vous ? - Non non, je sais où je dois aller je vous remercie Mademoiselle, et il se dirigea tranquillement vers le couloir sans plus la calculer. - Hep, s’il-vous-plaît, vous n’avez pas le droit d’aller là, attendez ! Evie laissa en plan le fax en folie et s’élança à la poursuite du jeune homme, l’attrapant par son sac à dos qui se déchira en libérant son contenu sur le sol, notamment un ordinateur portable qui n’aurait plus jamais le même aspect. Atterrée elle se baissa pour ramasser les affaires éparpillées, se cogna violemment la tête à celle de l’homme et ils se retrouvèrent assis par terre tous les deux. Elle remarqua à ce moment-là qu’il avait des yeux verts tout à fait remarquables, et un sourire saisissant qui la poussa à lui sourire en retour pendant qu'ils se frottaient le front de concert. Charlotte arriva sur ces entrefaites et s’écria : - Monsieur De Saulieu, vous allez bien ? Evie, qu’est-ce qui se passe ? Et qu’est-ce que tu as fait au fax ? Mon dieu, tu l’as laissé en mode copie…Il doit y en avoir au moins deux cents !
Catastrophée, Evie se dit que ses débuts dans le monde du travail n’auraient pas pu être plus fracassants (Moi je lui dirais simplement : toi tu es une femme Barbara Gourde, mais ça ne servirait à rien, Evie ne connaît pas ses classiques) : elle avait réussi à inonder la salle de détente, n’avait pas su passer un simple fax, avait cassé l’ordinateur de son patron et surtout, était tombée raide dingue de celui-ci, tout ça en moins de deux heures…
Ô toi lecteur parvenu jusqu'ici, je t'en conjure, je t'implore à genoux, pianotes sur ton foutu clavier et dis-moi ce qui va bien pouvoir se passer dans les épisodes suivants ! (ben oui, cette fois-ci pas de 1, 2 ou 3 à choisir, on n'a jamais dit que c'était obligé d'abord)
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